Le Blog du Scooter
Un scooter avec un pot d'échappement qui n'est pas d'origine et qui fait du bruit

Bientôt des radars anti-bruit en France ?

Dans la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), un amendement prévoit l’expérimentation de radars anti-bruit en France. Objectif : lutter contre les véhicules bruyants.

Qui n’a pas été réveillé en pleine nuit par un motard qui pousse ses rapports ? Ou par un vieux scooter dont le pot hors d’usage hurle son agonie ? En agglomération, ce genre de désagrément est courant. Il n’en demeure pas moins franchement insupportable

Pour lutter contre le bruit, cette sournoise forme de pollution, en juin 2019 l’Assemblée Nationale a adopté, via la Loi d’orientation des Mobilités (LOM), un amendement pour mettre en place et tester des radars anti-bruits. Une mesure qui pourrait faire grincer les dents d’automobilistes et de motocylistes se sentant traqués par les pouvoirs publics. Mais une mesure (à mon sens) nécessaire pour soulager le quotidien de citadins surexposés au bruit.

Des radars anti-bruit, c’est à dire ?

L’amendement qui autorise le développement de radars spécifiques pour lutter contre les véhicules bruyants est passé relativement inaperçu. Pourtant la mesure pourrait faire du bruit (sic). Pendant 2 ans, des contrôles automatiques pourront être faits pour identifier et sanctionner des véhicules bruyants. La nouveauté réside dans le caractère automatique du contrôle sonore : on parle bien de radar anti-bruit, dans le même esprit que les radars de contrôle de la vitesse.

Le radar automatique anti-bruit pourrait être un radar de type “Méduse”. Ce dernier est déjà utilisé par l’association Bruitparif. Ce capteur acoustique à 360° est capable de mesurer et d’identifier l’origine d’un bruit grâce à 4 microphones. Il effectue des mesures plusieurs fois par seconde pour définir avec certitude l’origine du bruit. L’association Bruitparif utilise cette technologie pour surveiller le niveau sonore de lieux animés dans Paris, le bruit des chantiers du futur métro Grand Paris Express, ou encore les nuisances sonores liées à des activités économiques.

Toutefois, avant que la phase d’expérimentation des radars anti-bruit ne débute et que toutes les modalités soient connues, il faudra un décret du conseil d’Etat. Comme l’explique le site radars-auto, c’est le Conseil d’Etat qui fixera la procédure d’expérimentation pour la mise en place de ce nouveau radar anti-bruit.

De premiers radars ont déjà été installés en Ile-de-France : à Saint-Forget (Yvelines) sur « la route des 17 tournants » très prisée des motards pour ses nombreux virages. En octobre, deux autres radars devraient être installés à Paris : dans la rue Frémicourt (Paris 15) et dans la rue de Courcelles (Paris 8). Mais ces radars ne verbalisent pas : leurs images resteront floutées en attendant que la procédure d’expérimentation soit lancée par le Conseil d’État. D’ici 2020 espèrent certains maires et responsables d’associations.

Les deux roues premiers concernées par les radars anti-bruit

Si le moteur de certaines voitures est loin d’être discret, soyons réaliste : ce sont surtout les motos et scooters qui pétaradent et qui risquent de faire biper les radars-anti-bruit.

Certains scooters sont “naturellement” bruyants. La faute aux constructeurs qui (sans doute) ne prennent pas suffisamment en compte le facteur décibel dans la conception de leurs modèles. Mais la faute aussi à certains propriétaires de scooters qui trafiquent leur 2 roues. Plus de puissance pour eux, plus de nuisance pour tous les autres…

L’association BruitParif a réalisé une étude en 2017 qui pointe du doigt les 2 roues et leurs nuisances sonores. Dans cette étude, on apprend par exemple que 44% des Franciliens se disent gênés par le volume sonore des deux roues motorisés. Et que 9 Franciliens sur 10 sont d’accord pour que les contrôles soient mis en place afin de sanctionner les motos et scooters les plus bruyants.

Le bruit nuit gravement à votre santé

Début 2019, le journal Le Monde révélait une autre étude de Bruitparif. Dans un nouveau rapport, l’association a tenté de calculer l’impact du bruit sur la santé. Et il est colossal :

107 766 années de vie en bonne santé sont perdues tous les ans en Ile-de-France à cause des nuisances sonores des transports.

Ce rapport, plutôt alarmant, a aussi été repris par le journal Libération, qui expliquait :

Un individu exposé de jour comme de nuit à des niveaux de bruit routier proches des valeurs limites réglementaires perdrait près de douze mois de vie en bonne santé.

La pollution sonore peut avoir de graves conséquences sur la santé. Et évidemment les habitants de grandes agglomérations sont les plus concernés.

Si le seuil de la douleur apparaît à 120 décibels (l’équivalent d’une sirène de pompiers), le son devient pénible à un niveau bien plus bas. Le bruit peut endommager vos oreilles si elles sont exposées à 85 décibels pendant 8h. Cette accumulation des bruits au cours d’une journée a des répercussions sur la santé. Le bruit peut être source de stress, il peut engendrer des troubles du sommeil, créer des troubles digestifs, ou encore aggraver des états dépressifs.

Pour toutes ces raisons, l’apparition de radars anti-bruit est souhaitable. À condition que son expérimentation fasse ses preuves et que son application soit destinée à préserver la santé des habitants, pas simplement à renflouer les caisses de l’État.

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